jeudi 7 mai 2009

Émission du 7 avril

Prenez note que l'émission radio La Rage Du Peuple aura dorénavant lieu les mardi de 18h00 à 19h00 toujours à CFLX 95,5

Lors de cette émission, Sam est venu nous présenter les actualités avant de laisser place à Alex et Ludivine qui nous ont présenté leur projet de solidarité en agriculture biologique avec Cuba. Frank Poule nous a en suite fait exploser la les neuronnes avec son SLAM "je m'anarchiserai!".


Nous avons lors de la deuxième heure, reçu David en directe de la Colombie pour nous parler de la situation actuelle de la lutte contre la répression et le libre-échange Canada-Colombie. Mercredi dernier(6 mai), une manifestation devant le parlement d'Ottawa avait lieu afin de s'opposer à la signature de l'Accord de Libre Échange Canada-Colombie. Un autobus de Sherbrooke s'y est rendu grâce au Comité Solidarité avec la Colombie du Regroupement Autonome des Jeunes de l'Estrie. Ce comité s'est aussi présenté en ondes et nous a aussi exposé les grandes lignes de la situation sociale et politique de la Colombie.

Bonne écoute!

Intro et actualité avec Sam
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Présentation du Projet agriculture biologique cubaine avec Alex et Ludivine
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Slam de Frank Poule "Je m'anarchiserai!"
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Première heure
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Deuxième heure
Entrevue avec David en Colombie et présentation du comité Solidarité-Colombie du RAJ
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mercredi 6 mai 2009

Dans le Monde Diplomatique...

Eloge des révolutions

Deux cent vingt ans après 1789, le corps de la Révolution bouge encore. François Mitterrand avait pourtant convié Mme Margaret Thatcher et Joseph Mobutu à en vérifier la mise en bière lors des cérémonies du bicentenaire. Dès lors que l’année de la commémoration fut aussi celle de la chute du mur de Berlin, Francis Fukuyama annonça la « fin de l’histoire », c’est-à-dire l’éternité de la domination libérale sur le monde et la fermeture, à ses yeux définitive, de l’hypothèque révolutionnaire. Mais la crise du capitalisme ébranle à nouveau la légitimité des oligarchies au pouvoir. L’air est plus léger, ou plus lourd, selon les préférences. Evoquant « ces intellectuels et artistes qui appellent à la révolte », Le Figaro se désole déjà : « François Furet semble s’être trompé : la Révolution française n’est pas terminée (1). »

Comme beaucoup d’autres, l’historien en question n’avait pourtant pas ménagé sa peine pour en conjurer le souvenir et pour en éloigner la tentation. Autrefois tenue pour l’expression d’une nécessité historique (Marx), d’une « ère nouvelle de l’histoire » (Goethe), d’une épopée qu’avaient ouverte ces soldats de l’an II chantés par Hugo — « Et l’on voyait marcher ces va-nu-pieds superbes sur le monde ébloui » —, on ne montrait plus d’elle que le sang sur ses mains. De Rousseau à Mao, une utopie égalitaire, terroriste et vertueuse, aurait piétiné les libertés individuelles, accouché du monstre froid de l’Etat totalitaire. Puis, la « démocratie » s’était ressaisie et l’avait emporté, enjouée, paisible, de marché. Héritière de révolutions elle aussi, seulement d’un autre ordre, à l’anglaise ou à l’américaine, plus politiques que sociales, « décaféinées (2) ».

On avait également décapité un roi outre-Manche. Mais la résistance de l’aristocratie y ayant été moins vigoureuse qu’en France, la bourgeoisie n’éprouva pas la nécessité de faire alliance avec le peuple pour asseoir sa domination. Dans les milieux favorisés, un tel modèle, sans va-nu-pieds ni sans-culottes, apparaissait plus distingué et moins périlleux que l’autre. Présidente du patronat français, Mme Laurence Parisot ne trahissait donc pas le sentiment de ses mandants en confiant à un journaliste du Financial Times : « J’adore l’histoire de France, mais je n’aime pas beaucoup la Révolution. Ce fut un acte d’une violence extrême dont nous souffrons encore. Il a obligé chacun d’entre nous à être dans un camp. » Elle ajouta : « Nous ne pratiquons pas la démocratie avec autant de succès que l’Angleterre (3). »

« Etre dans un camp » : ce type de polarisation sociale est fâcheux quand il faudrait au contraire, surtout en temps de crise, se montrer solidaire de son entreprise, de son patron, de sa marque — mais en demeurant chacun à sa place. Car, aux yeux de ceux qui ne l’apprécient guère, le tort principal de la révolution n’est pas la violence, un phénomène tristement banal dans l’histoire, mais, chose infiniment plus rare, le bouleversement de l’ordre social qui intervient à l’occasion d’une guerre entre nantis et prolétaires.

En 1988, à la recherche d’un argument massue, le président George Herbert Bush tança son adversaire démocrate, M. Michael Dukakis, un technocrate parfaitement inoffensif : « Il veut nous diviser en classes. Ça c’est bon pour l’Europe, mais ce n’est pas l’Amérique. » Des classes, aux Etats-Unis, on mesure l’horreur d’une telle accusation ! Au point que vingt ans plus tard, au moment où l’état de l’économie américaine paraîtrait imposer des sacrifices aussi inégalement répartis que le furent les bénéfices qui les précédèrent — un vers de l’Internationale réclame que « le voleur rende gorge »... —, l’actuel locataire de la Maison Blanche a jugé urgent de désamorcer la colère populaire : « L’une des leçons les plus importantes à tirer de cette crise est que notre économie ne fonctionne que si nous sommes tous ensemble. (...) Nous n’avons pas les moyens de voir un démon en chaque investisseur ou entrepreneur qui essaie de réaliser un profit (4). » Contrairement à ce que prétendent certains de ses adversaires républicains, M. Barack Obama n’est pas un révolutionnaire...

« La révolution, c’est d’abord une rupture. Celui qui n’accepte pas cette rupture avec l’ordre établi, avec la société capitaliste, celui-là ne peut pas être adhérent du Parti socialiste. » Ainsi parlait Mitterrand en 1971. Depuis, les conditions d’adhésion au Parti socialiste (PS) sont devenues moins draconiennes, puisqu’elles ne rebutent ni le directeur général du Fonds monétaire international (FMI), M. Dominique Strauss-Kahn, ni celui de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), M. Pascal Lamy. L’idée d’une révolution a également reflué ailleurs, y compris dans les formations les plus radicales. La droite s’est alors emparée du mot, apparemment encore porteur d’espérance, pour en faire le synonyme d’une restauration, d’une destruction des protections sociales conquises, voire arrachées, contre l’« ordre établi » (lire « Jeunes sarkozystes au poing levé »).

On reproche leur violence aux grandes révolutions. On s’offusque par exemple du massacre des gardes suisses à l’occasion de la prise des Tuileries en août 1792, ou de celui de la famille impériale russe en juillet 1918 à Iekaterinbourg, ou de la liquidation des officiers de l’armée de Tchang Kaï-chek après la prise du pouvoir par les communistes chinois en 1949. Mais mieux vaudrait alors ne pas avoir précédemment occulté les famines de l’Ancien Régime sur fond de bals à Versailles et de dîme extorquée par les prêtres ; les centaines de manifestants pacifiques de Saint-Pétersbourg fauchés un « dimanche rouge » de janvier 1905 par les soldats de Nicolas II ; les révolutionnaires de Canton et de Shanghaï précipités vivants, en 1927, dans les chaudières des locomotives. Sans rien dire des violences quotidiennes de l’ordre social qu’on entendait autrefois mettre bas.

L’épisode des révolutionnaires brûlés vifs n’a pas seulement marqué ceux qui s’intéressent à l’histoire de la Chine, il est connu des millions de lecteurs de La Condition humaine. Car, pendant des décennies, les plus grands écrivains, les plus grands artistes ont fait corps avec le mouvement ouvrier pour célébrer les révolutions, les lendemains qui chantent. Y compris, c’est vrai, en minorant les déconvenues, les tragédies, les petits matins blêmes (police politique, culte de la personnalité, camps de travail, exécutions).

Depuis trente ans, en revanche, on ne parle plus que de cela ; c’est même recommandé pour réussir à l’université, dans la presse, et pour briller à l’Académie. « Qui dit révolution dit irruption de la violence, explique ainsi l’historien à succès Max Gallo. Nos sociétés sont extrêmement fragiles. La responsabilité majeure de qui a accès à la parole publique est de mettre en garde contre cette irruption (5). » Furet estimait pour sa part que toute tentative de transformation radicale était totalitaire ou terroriste. Il en concluait que « l’idée d’une autre société est devenue presque impossible à penser (6) ». On conçoit qu’une telle impossibilité ne contrariait pas la plupart de ses lecteurs, protégés des orages par une existence agréable de dîners et de débats.

« ... mais c’est nous qui avions
les plus belles chansons »

La phobie des révolutions et son corollaire, la légitimation de l’ordre établi, dénichèrent bien d’autres relais que Gallo et Furet. Qu’on pense ici au choix des médias, cinéma compris. Depuis trente ans, ils ont voulu établir qu’hors la démocratie libérale on ne trouvait que régimes tyranniques et connivence entre eux. La place faite au pacte germano-soviétique l’emporta donc largement sur celle réservée à d’autres alliances contre nature, tels les accords de Munich et la poignée de main entre Adolf Hitler et Neville Chamberlain. Le nazi et le conservateur communiaient au moins dans la haine des fronts populaires. Et cette même peur de classe inspira les aristocrates de Ferrare et les maîtres de forges de la Ruhr lorsqu’ils favorisèrent l’arrivée au pouvoir de Benito Mussolini et du IIIe Reich (7). Cela, est-il encore permis de le rappeler ?

Dans ce cas, allons plus loin… Tout en théorisant avec éclat son refus d’une révolution de type soviétique, qualifiée par un de ses amis de « blanquisme à la sauce tartare », une figure aussi respectée par les professeurs de vertu que Léon Blum a réfléchi aux limites d’une transformation sociale dont le suffrage universel serait le seul talisman. « Nous ne sommes pas bien sûrs, prévenait-il en 1924, que les représentants et dirigeants de la société actuelle, au moment où ses principes essentiels leur paraîtraient trop gravement menacés, ne sortent pas eux-mêmes de la légalité. » Les transgressions de ce genre n’ont en effet pas manqué depuis, du pronunciamiento de Francisco Franco en 1936 au coup d’Etat d’Augusto Pinochet en 1973, sans oublier le renversement de Mohammad Mossadegh en Iran en 1953. Le chef socialiste soulignait au demeurant que « jamais la République n’a été proclamée, en France, par la vertu d’un vote légal rendu dans les formes constitutionnelles. Elle fut installée par la volonté du peuple insurgé contre la légalité existante (8) ».

Désormais invoqué pour disqualifier d’autres formes d’intervention collective (dont les grèves dans les services publics, assimilées à des prises d’otages), le suffrage universel serait devenu l’alpha et l’oméga de toute action politique. Les questions que Blum se posa à son propos n’ont pourtant guère vieilli : « Est-il aujourd’hui une pleine réalité ? L’influence du patron et du propriétaire ne pèse- t-elle pas sur les électeurs, avec la pression des puissances d’argent et de la grande presse ? Tout électeur est-il libre du suffrage qu’il émet, libre par la culture de sa pensée, libre par l’indépendance de sa personne ? Et, pour le libérer, ne faudrait-il pas précisément une révolution (9) ? » Il se murmure que le verdict des urnes a cependant déjoué dans trois pays européens — les Pays-Bas, la France, l’Irlande — les pressions conjointes du patronat, des puissances d’argent, de la presse. Pour cette raison même, on n’en a tenu aucun compte...

« Nous avons perdu toutes les batailles, mais c’est nous qui avions les plus belles chansons. » Ce propos, dont l’auteur serait un combattant républicain espagnol cherchant refuge en France après la victoire de Franco, résume à sa manière le problème des conservateurs et de leur lancinante pédagogie de la soumission. Simplement dit, les révolutions laissent dans l’histoire et dans la conscience humaine une trace indélébile, y compris quand elles ont échoué, y compris quand on les a déshonorées. Elles incarnent en effet ce moment si rare où la fatalité se soulève, où le peuple prend l’avantage. D’où leur résonance universelle. Car, chacun à sa manière, les mutins du Potemkine, les rescapés de la Longue Marche, les barbudos de la Sierra Maestra ressuscitèrent cette geste des soldats de l’an II qui suggéra à l’historien britannique Eric Hobsbawm que « la Révolution française a révélé la puissance du peuple d’une façon qu’aucun gouvernement ne s’est jamais autorisé à oublier — ne serait-ce que par le souvenir d’une armée improvisée de conscrits non entraînés, mais victorieuse de la puissante coalition formée par les troupes d’élite les plus expérimentées des monarchies européennes (10) ».

Prévenir les restaurations
conservatrices nées du savoir

Il ne s’agit pas seulement d’un « souvenir » : le vocabulaire politique moderne et la moitié des systèmes juridiques du monde s’inspirent du code que la Révolution a inventé. Et qui pense au tiers-mondisme des années 1960 (lire Alain Gresh, « Indestructible rêve d’un monde meilleur ») peut se demander si une part de sa popularité en Europe ne vint pas du sentiment de reconnaissance (au double sens du terme) qu’il fit naître. L’idéal révolutionnaire, égalitaire, émancipateur des Lumières paraissait alors renaître dans le Sud, en partie grâce à des Vietnamiens, des Algériens, des Chinois, des Chiliens qui avaient fait leurs classes sur le Vieux Continent.

L’Empire s’empâtait, d’anciennes colonies prenaient le relais, la révolution continuait. La situation actuelle est différente. L’émancipation de la Chine ou de l’Inde, leur affirmation sur la scène internationale suscitent çà et là curiosité et sympathie, mais elles ne renvoient à aucune espérance « universelle » liée, par exemple, à l’égalité, au droit des opprimés, à un autre modèle de développement, au souci de prévenir les restaurations conservatrices nées du savoir et de la distinction.

Si l’engouement international que suscite l’Amérique latine est plus grand, c’est que l’orientation politique y est à la fois démocratique et sociale (lire Maurice Lemoine, « Cette Amérique latine qui assume l’affrontement »). Une certaine gauche européenne a justifié depuis vingt ans la priorité qu’elle accorde aux demandes des classes moyennes en théorisant la fin de la « parenthèse révolutionnaire », l’effacement politique des catégories populaires. Les gouvernants du Venezuela ou de la Bolivie remobilisent au contraire ces dernières en leur prouvant que leur sort est pris en compte, que leur destin historique n’est pas scellé, que le combat continue en somme.

Pour souhaitables qu’elles demeurent, les révolutions sont rares. Elles supposent à la fois une masse de mécontents prêts à agir ; un Etat dont la légitimité et l’autorité se trouvent contestées par une fraction de ses partisans habituels (en raison de son impéritie économique, ou de son incurie militaire, ou des divisions internes qui le paralysent puis le disloquent) ; enfin, la préexistence d’idées radicales de remise en cause de l’ordre social, extrêmement minoritaires au départ (lire Laurent Bonelli, « En 1789, subversifs malgré eux »), mais auxquelles pourront se raccrocher tous ceux dont les anciennes croyances ou loyautés ont été dissoutes (11).

L’historienne américaine Victoria Bonnell a étudié les ouvriers de Moscou et de Saint-Pétersbourg à la veille de la première guerre mondiale. Comme il s’agit du seul cas où ce groupe social fut l’acteur majeur d’une révolution « réussie », sa conclusion mérite d’être rapportée : « Ce qui caractérise la conscience révolutionnaire est la conviction que les griefs ne peuvent être satisfaits que par la transformation des institutions existantes et par l’établissement d’une autre organisation sociale (12). » Autant dire que cette conscience n’apparaît pas spontanément, sans une mobilisation politique et un bouillonnement intellectuel préalables.

D’autant qu’en général, et c’est ce à quoi on assiste à l’heure actuelle (lire Michael Klare, « Géopolitique de l’effervescence »), la demande des mouvements sociaux est d’abord défensive. Ils entendent rétablir un contrat social qu’ils jugent violé par les patrons, les propriétaires de terres, les banquiers, les gouvernants. Le pain, le travail, un logement, des études, un projet de vie.Pas (encore) un « avenir radieux », mais l’« image d’un présent débarrassé de ses aspects les plus douloureux (13) ». C’est seulement ensuite, quand l’incapacité des dominants à remplir les obligations qui légitiment leur pouvoir et leurs privilèges devient manifeste, que la question est parfois posée, au-delà des cercles militants, de savoir « si les rois, les capitalistes, les prêtres, les généraux, les bureaucrates, conservent une utilité sociale (14) ». On peut parler alors de révolution. La transition d’une étape à l’autre peut intervenir vite — deux ans en 1789, quelques mois en 1917 — ou ne jamais se faire.

Question posée en 1977 :
pourquoi l’URSS est-elle donc si stable ?

Depuis près de deux siècles, des millions de militants politiques ou syndicaux, d’historiens, de sociologues ont examiné les variables qui déterminent l’issue : la classe dirigeante est-elle divisée et démoralisée ? son appareil répressif intact ? les forces sociales qui aspirent au changement, organisées et capables de s’entendre ? Nulle part ces études n’ont été plus fournies qu’aux Etats-Unis, où il s’agissait souvent de comprendre les révolutions, d’admettre tout ce qu’elles avaient apporté, mais pour en conjurer la perspective effroyable.

La fiabilité de ces travaux s’est révélée... aléatoire. En 1977, par exemple, on se souciait avant tout de l’« ingouvernabilité » des sociétés capitalistes. Et par contraste on s’interrogeait : pourquoi l’URSS est-elle si stable ? Dans ce dernier cas, les explications se bousculaient : préférence des dirigeants et de la population soviétique pour l’ordre et la stabilité ; socialisation collective confortant les valeurs du régime ; nature non cumulative des problèmes à résoudre, ce qui permettait au parti unique de manœuvrer ; bons résultats économiques qui contribuaient à la stabilité recherchée ; progression du niveau de vie ; statut de grande puissance, etc. (15). Déjà immensément célèbre, le politologue de Yale Samuel Huntington n’avait plus qu’à conclure à partir de cette moisson d’indices concordants : « Aucun des défis prévus dans les prochaines années ne semble qualitativement différent de ceux auxquels le système soviétique a déjà réussi à répondre (16). »

Chacun connaît la suite...

Serge Halimi.

jeudi 23 avril 2009

Émission du 31 mars(Compop, SLAM, capsules historiques)

Comité populaire St-Jean-Baptiste

À l'occasion de cette émission, nous avons comme toujours commencé en faisant le tour de l'actualité politique et sociale pour continuer avec une entrevue. Nous avons reçu Nicolas qui est venu nous parler, en tant que coordonnateur, du Comité Populaire St-Jean Baptiste(compop.net). L'entrevue -disponible plus bas aux côtés de l'ensemble de l'émission- fait un tour des luttes d'aménagement urbain qu'ont traversé les personnes habitant ce quartier depuis plus de trente ans. Lors de ses délires de béton des années '70, la ville de Qc voulait faire une autoroute qui allait traverser le quartier, mais l'administration et les promoteurs se sont buté à des résidents-résidentes qui allaient débuter une tradition de coopération et de luttes populaires qui dure jusqu'à aujourd'hui au travers du ComPop. Aujourd'hui, ce groupe qui se préoccupe de l'ensemble des enjeux qui touches le quartier est principalement actif politiquement au niveau de leur oposition au trafic d'automobile dans une rue très fréquentée. Nicolas nous guide aussi à travers l'histoire d'un Squat sur la rue de la chevrautière qui eu lieu dans ce même quartier dans la traîné d'une campagne du FRAPRU(dont le compop est membre d'ailleurs). Nous vous invitons à jeter un coup d'oeil sur le site du Compop. Nous nous sommes intéressés à ce groupe de la ville de Qc car il donne office à nos yeux d'un bon exemple de groupe communautaire qui organise un territoire sans diviser les luttes.

Nous avons par la suite diffusé des capsules audio documentaires qui raconte l'histoire du syndicalisme révolutionnaire. Celles-ci se terminent avec une intense performance révoltée de David venu annoncer le festival du texte court qui l'été dernier avait organisé une Zone d'Exclamation Publique en Réclame Ta Rue.

Bonne écoute!!!


Émission du 31 mars Première partie

Actualité - Bloc musical
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Émission du 31 mars Deuxième partie
Entrevue - Capsules - SLAM - Capsules/musique
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"Positif" - SLAM de David
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Entrevue avec Nicolas
Coordonateur du Comité populaire St-Jean Baptiste (centre ville de Qc)
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mercredi 22 avril 2009

Surprise dans le Devoir.

En lisant les journaux, on peut toujours être surpris, cette fois-ci, agréablement.
Du Devoir:
Les victimes de la crise
Gil Courtemanche
Édition du samedi 18 et du dimanche 19 avril 2009

Mots clés : Crise économique, Pauvreté, Économie, Brésil (Pays), Québec (province)

En théorie, tous les pays riches et émergents vivent la même crise, du moins c'est ce qu'ils ont dit à Londres. Les Occidentaux aiment bien prêter leurs crises aux autres et les embarquer dans leur galère ou leur charrette. Tous avec nous pour nous sauver de notre crise. De son Brésil prospère, Lula a dit: oui, on peut vous aider, mais vous allez changer des choses. La Chine remet en question l'étalon monétaire que demeure le dollar américain et propose de le remplacer par un panier de devises fortes. Contrairement à ce qu'on nous raconte, la crise n'est pas universelle et identique dans ses effets. Stephen Harper ne cesse de nous le répéter.

Mais fondamentalement, pour les véritables victimes de la crise, les ouvriers, les employés de banque, les intérimaires, ceux et celles qui détiennent des emplois précaires, pour les travailleurs de l'auto ou du bois ou du papier, la crise porte le même nom peu importe dans quelle langue on prononce le terme.

La première conséquence de la crise pour les gens ordinaires, c'est la baisse du pouvoir d'achat. Plus de chômeurs, plus de concessions salariales pour conserver les emplois, moins d'argent pour les petits. Et c'est ici que la crise semble prendre un sens différent selon qu'on soit en Europe ou en Amérique du Nord. Dans les «vieux pays», comme disait Romney, le pouvoir d'achat est relié autant à l'économie qu'à la politique. Cela explique que des dizaines de manifestations de masse aient protesté contre la crise et l'appauvrissement qu'elle provoque.

Ici, pas un seul raton laveur licencié pour cause de crise ne s'est promené dans les rues avec sa petite pancarte. Les chômeurs se multiplient, ils se bousculent au portillon, engorgent les bureaux de l'assurance-emploi, mais on se contente, semble-t-il, de sa tristesse, de son désoeuvrement et de son chèque de prestation. On rentre à la maison et on regarde à la télé le porte-parole syndical déplorer la situation, et on écoute le ministre dire qu'il n'y peut rien, car la crise est mondiale. Puis on bâille en entendant un péquiste qui dit que, si nous étions indépendants, on pourrait mieux faire face à la crise. Et la colère, bordel? Et l'indignation? Et le sentiment de profonde injustice? Ils sont où? Ils s'expriment comment? Ils ne s'expriment pas, car ils n'ont jamais été formulés, ni par les politiques, ni par les syndicats. Alors, comment demander aux travailleurs de mettre en forme et en action leur sentiment d'être des paumés de la terre? Des paumés riches, mais des paumés quand même.

***

En France, à Mantes-la-Jolie, 200 ouvriers de FCI, quatrième producteur mondial de connecteurs, ont décidé d'occuper leur usine menacée de délocalisation à Singapour. C'était le 24 février. L'usine et la compagnie étaient rentables, mais le fonds d'investissement américain, ce genre de groupe anonyme de riches qui veulent devenir plus riches, souhaitait une plus grande rentabilité. L'usine de FCI a rouvert ses portes mardi dernier et une entente a été conclue qui garantit les emplois au moins jusqu'en 2011. Dans quelques entreprises qui annonçaient des délocalisations ou des licenciements, des dirigeants ont été kidnappés, ou plutôt retenus dans leurs bureaux. Des populations de villages ou de petites villes ont manifesté pour appuyer les «kidnappeurs».

Je n'encourage pas le rapt d'individus. Mais quand les pouvoirs publics -- vous savez, ces gens polis et circonspects en qui nous déposons notre confiance -- ne font rien, on peut se demander si ce n'est pas une bonne idée, un geste juste, de retenir dans son bureau le représentant d'une entreprise qui vole ou a exploité. Posons-nous une question. Pourquoi avons-nous l'indignation automatique quand la «nation» est brimée, snobée, oubliée, et faisons-nous le mort quand nos ouvriers prennent le chemin du chômage, de la fin de leur vie active, que leur retraite n'est pas assurée? Posons une autre question. Pourquoi la capacité de mobilisation des centrales syndicales est-elle si faible? Et une question subsidiaire: pourquoi leurs propositions pour faire face à la crise sont-elles si minces et si vides?

Collectivement, nous regardons la crise comme les vaches regardent le train passer. Nous ruminons et rentrons à l'étable d'un pas mesuré. Nous ne cherchons pas d'autres chemins que celui qui est déjà tracé et que nous parcourons depuis des décennies, le refus de l'affrontement et de la discorde, la recherche du consensus illusoire entre petits et grands. Les travailleurs ont fait 1000 concessions dans les dernières années pour sauver leur emploi. Ils ont fait les gentils et les polis.

Quel est le résultat de cette tolérance au capitalisme sauvage? Des chiffres publiés dans

Le Monde de la semaine dernière y répondent éloquemment.

En 1982, la richesse des 400 personnes les plus riches du monde était de 92 milliards de dollars. En 2006, elle était de 1250 milliards. Et aujourd'hui, les 300 000 Américains les plus riches gagnent autant d'argent que les 150 millions de leurs concitoyens qui sont au bas de l'échelle des revenus.

Abitibi-Bowater va faire faillite. Ce n'est pas la faute de ses employés efficaces et productifs, qui ont fait moult concessions. L'entreprise est tuée par une dette énorme accumulée pour acquérir, pas pour produire. Et ce sont les travailleurs qui paieront de leur maison, certainement pas les dirigeants qui ont coulé le bateau. Il faudrait peut-être commencer à être en colère. Pourquoi ne pas occuper une usine, s'approprier le bois ou le papier? Cesser de laisser les voleurs voler.

lundi 13 avril 2009

Émission du 24 mars (Pauvreté, SLAM et anarchisme au QC)

Au cours de cette émission, nous avons eu en entrevue, Line Marcoux de la Table d'action contre l'appauvrissement en Estrie. Nous avons mis son entrevue dans un message portant spécifiquement sur la pauvreté à Sherbrooke (ici; téléchargement directe ici). Cette entrevue vient donc compléter un des premiers messages de ce blog où l'on apprenait que la ville de Sherbrooke était la championne du Cheap Labor (ici)!
Nous avons aussi eu la chance de recevoir un invité qui a généreusement partagé sa révolte sous forme de SLAM. Son texte qu'il a écrit il y a trois ans, s'attaque à la violence omniprésente dans l'univers capitaliste. Pour plus en savoir à propos du SLAM à Sherbrooke cliquez ici. L'animateur a par la suite eu un entretien avec l'auteur du livre Sur les traces de l'anarchisme au Qc (1860-1960). Mathieu Houle-Courcelles publiait des extraits de son livre dans la revue Rupture de la NEFAC avant de publier son livre. Quelques chapitre du livre sont disponible sur internet aux adresses suivantes ( le 19e, les '20 et '30, les '40). L'auteur lui-même militant anarchiste depuis quelques années à déjà participé à différentes entrevues avec divers médias. Vous pourez les retrouver sur le site de son éditeur: LUX éditeur


Émission du 24 mars première partie (1 heure)
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Émission du 24 mars deuxième partie(1 heure)
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Entrevue avec Mathieu Houle-Courcelles
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Performance de SLAM par Jean-Michel
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mercredi 8 avril 2009

Sherbrooke et la pauvreté



Voici un site gouvernemental fort intéressant. C'est une carte du territoire québécois qui peut être parcourue selon différents repères sociaux. Sur l'image plus bas, c'est une carte de Sherbrooke selon l'indice de défavorisation en 2001. Mais voyons ce que le gouvernement dit de cette outil:

«La mesure des inégalités sociales de santé et de bien-être a longtemps posé problème étant donné l'absence de données à caractère socio-économique dans les différents systèmes d'information sur la santé et le bien-être. Lacune d'autant plus importante que le lien entre l'état général de santé et de bien-être et les inégalités sociales est aujourd'hui bien connu.

C'est dans ce contexte et dans une tentative de décrire l'ampleur et la répartition géographique des inégalités sociales de santé au Québec qu'un indice de défavorisation a été développé.»
Sur cet extrait, on voit Sherbrooke: En bleu foncé, c'est la défavorisation social, c'est-à-dire la fragilité du réseau social, tant à l'échelle de la famille que de la communauté et puis en rouge foncé, la défavorisation matérielle, soit la privation de biens et de commodités de la vie courante. Par contre, le mauve foncé, lui, et la défavorisation social et matérielle, bref, les plus démunis... On voit très bien les zones sensible et celles où les bourgeois vont se cacher pour exploiter les autres.

On voit que le secteur centre-ville (centre-sud) est très pauvre ainsi qu'Ascot et Fleurimont (surtout sur la King). Bien sûr, les banlieues sont épargnées et le Nord semble bien s'en tirer. Évidemment, le bois Beckett est un nid à riche: Les rue Rostand, Lamartine et Descarte en sont pleines. Une belle vue sur Sherbrooke! Seulement, plusieurs question demeure: mais où habite donc Jean Perrault!? Je vous laisse deviner.
À titre comparatif, voici une carte d'ensemble de Montréal.
On peut parcourire le québec tout entier avec cet outil. Il y a également différents repère sociaux dont: la densité de la population, selon l'emploi, l'âge, l'immigration, le revenu, etc. Une vrai mine de ressources! Le tout à cette adresse: http://www.msss.gouv.qc.ca/statistiques/atlas/atlas/index.php
Merci l'Atlas de la santé et des services sociaux du Québec!

Et en lien avec ce billet, un entretient extrait de notre émission de radio La rage du Peuple où Line Marcoux nous parle de l'ATACAE, la Table d’action contre l’appauvrissement en Estrie.

Moins de conscience de classe aux États-Unis qu'en Europe?

Lutte de classe en France (grêve générale du 29 Janvier)
Dans un récent article, le New York Times fait une comparaison des luttes syndicales entre le vieux continent et le Land of the Free. Il est intéressant de voir que les travailleurs et les travailleuses des États-Unis ont la mèche plus longues probablement à cause des (sanglantes) répressions des mouvements syndicaux des dernières décennies(1930-1950-1970). Leur faible propension à prendre la rue viendrait aussi du fait qu'ils auraient peur de voir leur usines être délocalisées(c'est pour ça qu'il faut pas aller trop loin!), seraient plus individualistes et préféraient se défouler sur des blogs (chaînes de mails), feraient confiance à leur système politique(de lobby et de démocratie), mais principalement, au sein du mouvement, il y a moins de référence au principe de luttes de classe qu'en Europe!

Il faut dire aussi que depuis la fin de 2008, il s'en est passé des choses en Europe. Les luttes syndicales ont des méthodes plus drastiques et probablement plus efficaces. Tout récemment des syndiqués-es français libéraient leur patron suite à sa séquestration (3M), quelques occupations d'usines sont toujours actives au moment où vous lisez ces lignes, 2,7 millions de personnes se sont mobilisées à Rome contre la crise le 4 avril dernier, tandis qu'aujourd'hui les soldats civiles de l'armée Russe déclenchaient la grève afin de revendiquer le paiement de leur salaire... De son côté, le mouvement syndical yankee a voté majoritairement pour Obama afin qu'il change une loi en faveur des syndicats...

D'un autre côté, l'article en question ne parle malheureusement pas de l'occupation de la Republic Windows and Doors factory à Chicago par 250 syndiques-es, fait une comparaison simpliste (voir les photos ci-contre), ne compare pas la nature respective des organisations syndicales...

N'en reste que les événements utilisés pour exposer la force historique du mouvement ouvrier étasunien face à l'État et au patronat sont tout de même pertinents à connaître pour mieux comprendre ce qu'il se passe au cœur de l'Empire!

Lutte de classe aux USA (Grêve contre GM en 2007)