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samedi 23 mai 2009

Émission du 21 avril - "Décroissance" et "Les femmes dans l'apartheid Israelien"

Comme vous le savez, l'émission a maintenant lieu tous les mardi de 18h00 à 19h00. Pour pas trop vous rendre nostalgique, on continue de mettre nos émissions précédantes sur le blog!!! Évidemment, on met pas les actualités.


Entrevue sur la Décroissance avec Antoine Descendres des AmiEs de la Terre de Québec. (27 min.)
Grâce à la participation d'Antoine à l'émission, nous avons beaucoup appris sur le mouvement de décroissance. Entre autre:
- D'où vient la décroissance
- Qui sont les objecteurs de croissance
- Lutte contre le dogmatisme au sein même du mouvement

- Relation entre décroissance.org et décroissance.info
- Présence anarchiste dans le mouvement
- Quelle type de production dans la décroissance
- La décroissance et le développement des pays du Sud

"La décroissance ça donne à être le penchant politique de la simplicité volontaire. C'est l'idée de porter une nouvelle société à travers un projet anti-capitaliste. Ce projet est non seulement anti-capitaliste, mais porte aussi une critique du marxisme qui contient lui aussi son lot de productivisme. Dans ce sens, c'est une critique tous les productivismes.

Ce n'est pas non plus une finalité, ni toujours plus d'austérité. La décroissance c'est la période de transition sociale et économique qui rétablira notre déséquilibre de consommation et de production."

Pour un discours anarchiste un peu plus particulier à la décroissance, vous pouvez vous référer à Jean-Pierre Tertrais et son livre "Du développement à la Décroissance - De la Nécessité de sortir de l'impasse suicidaire du capitalisme" aux éditions du Monde Libertaire.
Vous pouvez aussi jeter un coup d'oeil sur son article "Pour une décroissance libertaire" sur le site Ecorev.org -revue critique d'écologie politique.




Chronique de Claudelle: Comment l'apartheid Israelien affecte les femmes Palestinienne ? (25 min.)
Claudelle est venu nous présenter son travail de recherche de session à l'université Bishop'S. Avec une analyse post-coloniale et féministe et à partir d'un rapport d'Amnistie Internationale, elle nous décrit comment les femmes vivent les contrecoups d'un conflit interminable.


- Qu'est-ce qu'un apartheid?
- Les tactiques illégales d'Israël de militarisation du territoire
- Vulnérabilité des femmes, des jeunes et des personnes âgées à la violence
- Effets à long termes sur l'accès aux services sociaux
- Effets économiques et sur l'emploi
- Punitions collectives, punitions administratives etc...
- Postes de contrôle militaire: les"Checkpoints"

lundi 2 juin 2008

Occupation israélienne à Hébron - racontée par d'anciens soldats

Alangui à la terrasse d’un café branché de Tel-Aviv, vêtu d’un tee-shirt à fleurs, d’un pantalon de toile et d’une paire de sandales, Doron Efrati, 23 ans, n’a pas véritablement l’allure du bidasse sans scrupule capable de tirer du lit une famille entière de Palestiniens à la pointe de son fusil. C’est pourtant ce qu’il a fait à l’occasion de son service militaire effectué entre 2003 et 2006 en Cisjordanie. “On débarque en douce dans un quartier, on jette des pierres ou une grenade assourdissante contre la porte d’une maison et on hurle : “C’est l’armée, ouvrez !”. Ensuite, on fait sortir tout le monde dehors et on fouille de fond en comble l’intérieur. Une fois qu’on a fini, on passe à une autre maison et ainsi de suite pendant une bonne partie de la nuit. L’idée, c’est de saisir des armes ou du matériel de propagande, mais surtout de maintenir la population palestinienne dans un état de peur permanente. Comme disent les chefs, “il s’agit de manifester notre présence”.

Dégoûté par ce qu’il a vu et vécu, Doron a décidé de parler, à l’inverse de la plupart des conscrits israéliens, qui s’empressent de partir sous les tropiques pour mieux oublier. Son témoignage figure avec une centaine d’autres dans un livret publié il y a quelques semaines par l’organisation Breaking the Silence (Rompre le silence). Depuis sa création en 2004, cette association, financée par l’Union européenne, a récolté les témoignages d’environ cinq cents anciens soldats, témoins des abus, petits ou grands, vicieux ou criminels, perpétrés par les troupes d’occupation israéliennes dans la région d’Hébron. Des exactions encouragées par le statut très particulier de cette cité qui abrite le tombeau d’Abraham et dont le centre est noyauté par 800 colons juifs, barricadés derrière un dédale de barrages militaires qui pourrit la vie des 160 000 autres habitants de la ville, tous Palestiniens.

“Ça m’est souvent arrivé de prendre la relève de collègues affectés à un barrage et de découvrir que des Palestiniens y sont bloqués et menottés depuis des heures, parce qu’ils ont soi-disant manqué de respect aux soldats“, dit Iftakh Arbel, 23 ans, une autre recrue de Breaking the Silence. Des humiliations, qui à la lecture du fascicule de l’association, apparaissent comme routinières. Il y a, par exemple, ce marchand d’accessoires automobiles chez lequel des soldats viennent se servir sans payer et dont ils menacent de fermer le magasin s’il ose déposer plainte. Il y a aussi cette unité qui, un jour de désoeuvrement, décide de casser les vitres d’une mosquée pour déclencher une émeute et s’offrir une tranche d’”action”. Et puis ce “jeu” que décrit l’un des témoins, consistant à arrêter quelques passants dans la rue et à les étrangler à tour de rôle tout en surveillant sa montre. “Le gagnant est celui qui met le plus de temps à s’évanouir.” Mais il y a plus grave. Le témoignage numéro 49, donné par un soldat qui entend conserver l’anonymat, décrit en détail le passage à tabac d’un jeune lanceur de pierres par un officier israélien. “Il l’a démonté, il l’a mis en pièces, raconte le témoin. Le gamin ne pouvait plus tenir sur ses jambes. Nous, on regardait, indifférents. C’est le genre de truc que l’on faisait tous les jours (…). A la fin, le commandant a mis le canon de son arme dans la bouche du gosse, juste devant sa mère, et a déclaré que la prochaine fois qu’il l’attrapait avec une pierre à la main, il le tuerait.”

Iftakh Arbel a touché de près ce processus d’aliénation qui transforme un bon gars en butor. “Tu alternes huit heures de garde et huit heures de repos pendant dix-huit jours. Ça t’épuise, tu t’ennuies à mourir. Tu te mets à haïr les colons à cause de toutes les horreurs qu’ils commettent et les Palestiniens aussi, parce que leur existence est la raison même de ta présence à Hébron. Alors tu essaies de t’occuper. Tu contrôles un Palestinien sans raison. Et s’il ose protester, tu te retrouves à le frapper, juste parce que tu as le pouvoir.”

Parfois le défouloir se solde par la mort d’un Palestinien. “C’était dans le camp de réfugiés d’Al-Fawwar, au début de l’année 2004, raconte Doron Efrati. Un gamin avait balancé un cocktail Molotov sur nos Jeep. Dans une situation pareille, la consigne c’est de viser le haut du corps, c’est-à-dire de tirer pour tuer, même si ce n’est pas dit explicitement. Le temps que l’on sorte de nos Jeep, le gamin avait disparu. Sur ordre de notre chef, une embuscade a été tendue. Le gamin a finalement été abattu par un sniper, plus de quarante minutes après avoir lancé son cocktail Molotov. Le commandant de la brigade a voulu ouvrir une enquête, mais l’un de ses supérieurs l’en a dissuadé.”

En réaction à la sortie du livret de Breaking the Silence, l’armée israélienne a parlé de “brebis galeuses“, “de témoignages anonymes invérifiables” et insiste sur son souci de juger tous les forfaits dont elle a connaissance. Fin avril, deux gardes frontières qui avaient tué un Palestinien en 2002, en le projetant hors de leur Jeep qui roulait à 80 km/h dans les rues de Hébron, ont été condamnés à six et quatre ans de prison ferme. Une sanction tardive, excessivement légère et surtout trop rare, selon Iftakh. “Il faut que les Israéliens comprennent que leur tranquillité a un coût moral exorbitant, dit-il. Actuellement, ce sont les jeunes appelés qui le paient. Mais bientôt, c’est toute la société qui sera corrompue.”


Le Monde, 31 mai

jeudi 15 mai 2008

Un point Godwin pour Bush!

Wikipédia : Loi de Godwin

Lors de son premier discours en sept ans devant le parlement israélien, à Jérusalem, Bush a finalement dit ce que tout le monde savait déjà. Ce qui m'a fait rire un peu, c'est que Bush ait apparemment fait mention du nazisme pour défendre son soutien d'Israël, en le comparant aux aspirations antisémites ou anti-israéliennes du Hamas, du Hezbollah, du président iranien, etc. Comme si c'était la même chose. Ça fait partie de la stratégie médiatique américaine depuis des années : tu n'es pas pro-Israël et tu n'endosses pas ce qui s'y passe, t'es antisémite.

«L'alliance entre nos gouvernements est inaltérable.» Merci, George, d'avoir éclairé ce point flou quant aux relations entre les élites politiques d'Israël et des États-Unis ; personne ne s'en serait douté. En espérant qu'un jour, on puisse nous aussi le clamer, que l'alliance entre les travailleurs et les travailleuses d'Israël, des États-Unis et de partout, soit, elle aussi, inaltérable.

Et pendant ce temps-là, la Palestine "célèbre" 60 ans de Nakba; mais ça, on n'en parle pas trop. On est pas antisémites, quand même..!