vendredi 25 juillet 2008

Pixar et propagande

Z'avez-vu le dernier film d'animation de Pixar, Wall-E? Non? Moi non plus... Et c'est moi aussi le genre de truc qui m'aurait sans doute passé mille pieds au-dessus de la tête. Mais la Sainte-Elgrably aura, étonnamment, piqué ma curiosité à propos de ce film, alors qu'elle en parlait dans un article vomi la semaine passée, intitulé, ni plus ni moins : Attaque contre l'humanité. Avec l'éloge qu'elle en fait, je risque bien de m'en trouver une copie sur internet; copie que je garderai pour une soirée pluvieuse où je rentrerai de la job crevé et que j'aurai envie de me changer les idées (eh oui, ça arrive!)... Si vous ne connaissez pas Nathalie Elgrably, je vous laisse la découvrir avec l'article en question.

Attaque contre l'humanité

À l'instar de milliers de parents en Amérique du Nord, j'ai amené mes enfants voir Wall-E, la toute dernière création des studios d'animation Pixar. Comme les critiques ne tarissent pas d'éloges et que certains qualifient déjà ce film de " grand classique ", je m'attendais à un chef-d'oeuvre cinématographique.

Du point de vue technique, c'est indéniablement une oeuvre magistrale. Il faut du génie pour se servir ainsi de la technologie, et Pixar peut se féliciter d'avoir repoussé encore une fois les limites de l'imagerie 3D. Quant au personnage principal, Wall-E, un robot dont la fonction est de compacter les déchets, il est sympathique, attendrissant et même attachant.

Depuis 700 ans, Wall-E vit seul sur terre, car après avoir recouvert la planète de détritus, les humains se sont réfugiés dans l'espace, sur un navire inspiré du Club Med. Wall-E occupe ses journées à nettoyer la terre. Malgré la compagnie d'un petit insecte, il se sent seul. Mais son univers est bouleversé lorsque Eve, robot elle aussi, débarque pour une mission inconnue.

Wall-E aurait pu être une belle et touchante histoire d'amour entre robots (à condition d'aimer les films quasi muets). Mais c'est bien plus que ça : Wall-E, c'est 95 minutes de propagande contre la civilisation moderne ! C'est une attaque contre la technologie, une charge contre notre mode de vie et une insulte à l'espèce humaine.

Le film suppose que l'être humain est capable de saccager la terre sans scrupules jusqu'au point de non-retour. Or, il suffit de comparer la salubrité des villes contemporaines à celles du XVIe siècle et de songer aux efforts constamment déployés pour améliorer notre environnement pour comprendre que cette prémisse est injustifiée et injustifiable.

De plus, le film présente l'Homme comme un être courtois, mais que la technologie a rendu paresseux, sans ambition et carrément léthargique. D'une obésité morbide, il passe ses journées allongé à regarder la télé et à consommer des boissons hypercaloriques. C'est peut-être le cas de certains, mais cette image n'est certainement pas représentative de la majorité qui travaille dur, prend soin de sa santé, s'intéresse à la culture, se soucie de son prochain, etc.

DES CHOIX ABSURDES

Mais Wall-E ne se contente pas de caricaturer certains comportements. Il glorifie des choix absurdes. Il présente des humains qui disposent d'une technologie capable d'assurer leur sécurité alimentaire pendant 700 ans mais qui choisissent d'y renoncer pour s'adonner à l'agriculture traditionnelle. Ils pourraient tirer parti de la technologie et consacrer leur précieux temps à reconstruire la planète, à chercher des remèdes aux maladies incurables, à améliorer leurs robots, à créer des oeuvres d'art, à s'occuper des nécessiteux ou à produire des films d'imagerie 3D. Mais non, ils choisissent de cultiver leurs légumes !

Le film idéalise des procédés agricoles moyenâgeux qui sont éreintants en plus de nous rendre tributaires des caprices de Dame Nature. Est-ce cela, l'évolution ?

Wall-E renferme une dimension politique flagrante. Alors, pourquoi la critique est-elle aussi élogieuse pour un film qui vise à endoctriner des enfants naïfs et crédules ? Aurait-elle été aussi complaisante si le film faisait l'apologie de la société moderne ?

Finalement, alors que le film dénonce la surconsommation, Pixar trouve le moyen de commercialiser mille et un produits à l'effigie du charmant robot. Le producteur de Wall-E dénonce ce qui lui permet justement de faire fortune. Il nous fait la morale pendant une heure et demie mais encourage la consommation de gadgets. Plutôt hypocrite, non ?

5 commentaires:

G. Buendia a dit…

Voir... c'est possible de voir les choses comme ça? inimaginable, il faut avoir manqué quelque chose non?

anarchopragmatisme a dit…

Comme je dis dans mon blogue:

J’ai hâte d’une manière incontrôlable de lire ses prochaines critiques contre les nombreux films navets qui font de la propagande politique flagrante du militarisme et de la répression policière, qui sont des véritables attaques contre l’humanité et qui visent à endoctriner des enfants naïfs et crédules. Ça va être encore plus intéressant et captivant, c’est garanti! Soyez assurés que l’IEDM n’y verra aucun inconvénient et va l’appuyer dans sa démarche et que les journaux vont publier ses critiques sans rechigner.

anarchopragmatisme a dit…

Je suis tout de même d'accord avec son dernier paragraphe.

Marquis de Méricourt a dit…

La mode est au "pseudo-militantisme-écolo-trendy-
nous-changerons-le-monde-en-ne-
changeant-rien-à-notre-mode-de-vie".
Rien d'étonnant de voir que de plus en plus de compagnies misent là-dessus. L'industrie du cinéma ne fait pas exception.

Le dernier paragraphe d'Elgrably, si juste puisse-t-il être, me dégoûte. Parce que c'est elle qui le dit.

BlackBloc a dit…

Y a pas à dire, ca paye beaucoup mieux être une prostituée intellectuelle qu'une véritable prostituée...